« Comme chaque soir, Mariam essayait de repousser le sommeil. Elle se forçait à garder les paupières ouvertes. Elle souriait. J’ai passé une main dans ses cheveux. Elle l’a saisie et l’a posée contre sa joue.
— Ma fille, lui dis-je, si tu avais des jambes, je t’enverrais sur la terrasse pour voir si ton père est là-haut. »

Le Sourire de Mariam, p. 261

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En librairie le 19 août 2020

ISBN : 979-10-97594-74-9

Format : 14 x 21 cm
Pagination : 284 pages
Prix : 22, 90 €

Traduit du persan par Christophe Balaÿ

Après la guerre contre l’Irak, Ozra et son mari Issah vivent à Téhéran dans une chambre sans confort. Ils partagent leur intimité avec Mariam, leur petite fille née handicapée suite à la chute de sa mère enceinte fuyant sous les bombes.
Au fil de quatre monologues, où alternent celui de l’homme et de la femme, le couple revit la tragédie qui a eu raison de leur union conjugale. Au récit de leur présent se mêlent les souvenirs de leur jeunesse et de leurs expériences, parfois érotiques, d’avant le mariage. De plus, la promiscuité leur est funeste parmi les habitants de leur résidence universitaire réquisitionnée par l’État pour les réfugiés. C’est cependant l’occasion de rencontres, certaines allant à l’encontre de la morale en Iran. La jeune Mariam, elle, assiste impuissante aux désaccords de ce couple emporté dans la tourmente quotidienne, abandonné par un pays en plein bouleversement, comme dans Les Garçons de l’amour.
Avec Le Sourire de Mariam, Ghazi Rabihavi signe un roman sombre, qui donne à voir un Iran en décomposition, une société d’oubliés de l’histoire.

Le Sourie de Mariam est traduit pour la première fois en français.

Ghazi Rabihavi, né en Iran en 1956, s’installe à Téhéran à l’âge de 22 ans, au moment où la révolution éclate. Dès les années 80, alors que l’Iran entre en guerre avec l’Irak, il publie ses premières nouvelles. Après une incarcération à Evin et l’interdiction de l’Association des Écrivains d’Iran, il anime des ateliers d’écriture avec Houchang Golchiri, un des chefs de file du roman persan moderne. Sa nouvelle La Fosse suscitant la polémique, il se tourne alors vers l’écriture de scénario et collabore avec le cinéaste Ebrahim Golestan. En 1994, Rabihavi, interdit de publication, finit par s’exiler à Londres en 1995 où il partage ses activités entre le roman, le théâtre et le cinéma. Son premier roman traduit en français, Les Garçons de l’amour, a été très remarqué, notamment grâce à sa sélection pour le Prix Médicis étranger.

Christophe Balaÿ, le traducteur, a été professeur de langue et littérature persanes de 1989 à 2014 à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (L.O), Paris. Il est docteur en littérature française (Paris X Nanterre 1979) et docteur d’État ès lettres, spécialité/ études iraniennes (Paris III Sorbonne nouvelle, 1988). Il a dirigé l’Institut Français de Recherche en Iran, à Téhéran, de 1998 à 2003. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire de la littérature persane et traduit de nombreux écrivains iraniens contemporains

Les Garçons de l’amourparaît au Livre de Poche le 8 juin 2022 !

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