« L’assassin devait avoir de solides raisons de haïr sa victime. À mon sens, il l’a assommée par colère. Il a tranché sa gorge pour se donner le frisson de l’arme blanche. Et, comme le sang continuait de couler, l’a finalement étouffée. Assommé comme un boeuf, saigné comme un porc, contraint d’ingurgiter sa cravate comme on ravale ses ambitions, ce client riche mais infortuné a dévalé en un instant toutes les marches du piédestal où le sort l’avait placé. Difficile d’imaginer autre chose qu’une vengeance, dont l’exécution a été rapide comme l’éclair et facile comme un pied de nez.

C’est un criminel au coeur léger qui a dû quitter la suite 205. Aurait-il croisé quelqu’un dans l’ascenseur que son front lisse et sa mise impeccable n’éveillaient aucun soupçon. Il devait être aussi anonyme que l’homme à chapeau melon dont Magritte dissimule le visage derrière une pomme verte. Je l’imaginais, méticuleux, irréprochable, les traits absolument masqués par la rondeur et la couleur du fruit. Seule certitude : l’assassin à la pomme verte n’a pu quitter l’hôtel, lundi soir, qu’en passant devant la réception. J’ai donc nécessairement vu glisser sa silhouette devant le comptoir où je suis assigné à résidence. »

L’Assassin à la pomme verte, p. 75-76

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En librairie le 23 août 2012

ISBN : 979-10-90175-05-1
Format : 12 x 18 cm
Pagination : 184  pages
Prix : 15 €

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« J’éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J’avais toujours voulu tuer quelqu’un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l’avoir rencontrée » songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d’Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l’on croise parfois au bar d’étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d’agacement et d’attirance, sous l’œil impitoyable du réceptionniste, auquel rien n’échappe. Ou presque.
Dans cette envoûtante et spirituelle fiction à plusieurs voix, chacun prenant à son tour la parole, chacun observant l’autre, épiant son voisin, amour et meurtre tendent à se confondre. En émule d’Agatha Christie et de Marivaux, Christophe Carlier prouve avec maestria que l’accidentel, dans le shaker du grand hôtel, a partie liée avec l’imaginaire. Et qu’un assassin peut être aussi discret que l’homme à chapeau melon de Magritte, au visage dissimulé à jamais derrière une pomme verte.

carlier_thumbChristophe Carlier, né en 1960, a publié Lettres à l’Académie française (Arènes 2010) et divers autres essais dont plusieurs consacrés aux contes et aux mythes.

L’Assassin à la pomme verte est son premier roman.

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