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Adieu le cirque ! de Cheon Un-Yeong dans l'Alsace à l'occasion de la Foire du livre de Saint-Louis Imprimer
Lundi, 06 Mai 2013 14:08
 
 
Adieu le cirque de Cheon Un-Yeong dans Libération Imprimer
Jeudi, 02 Mai 2013 14:39
 
 
Article d'Aurélie Julia sur Adieu le cirque! dans la Revue des Deux Mondes (mai 2013) Imprimer
Lundi, 29 Avril 2013 16:01

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mai 2013

Roman

Adieu le cirque !

CHEON UN-YEONG

Traduit du coréen par Seon Yeong-a et Carine Davillon

Serge safran éditeur

288 p., 18,50 €

 

Les lumières se sont éteintes au départ des acrobates. Le public attend. Un flot de paroles se libère dans le noir comme pour calmer les tensions : le spectacle des lanceurs de couteaux et des assiettes chinoises a crispé les sens. Après quelques secondes, les projecteurs se braquent sur le corps enroulé d’une fillette vêtue de voiles. Du plafond pend une étoffe vaporeuse. Aux notes d’une flûte, la frêle créature déplie ses bras et déroule son dos : elle semble naître à la vie. Ses mains se lovent dans le tissu puis l’agrippent. La sylphide s’élève dans les airs. Exécutés avec lenteur, ses gestes disent l’élégance et la grâce. Parvenue tout en haut, l’âme céleste s’immobilise puis se jette dans le vide : seul son pied retenu par un voile la sauve de l’écrasement. La scène liminaire d’Adieu le cirque ! préfigure l’intrigue d’une belle œuvre romanesque à la tonalité sombre et poétique.

Deux frères coréens se rendent en Chine : l’un porte les séquelles d’une grave électrocution : il est handicapé de la voix ; l’autre traduit en mots les désirs de l’infirme ; depuis plusieurs années, ce drôle de couple vit dans un rapport de dépendance et d’étouffement. Un jour, la mère appelle une agence matrimoniale et organise un voyage de rencontre : une épouse permettra au benjamin d’envisager un avenir « normal ». Le choix s’arrête sur Haehwa, une jeune fille délicate tourmentée par le souvenir d’une passion amoureuse. De retour en Corée, la cellule familiale se recompose autour de la nouvelle venue ; les uns et les autres s’apprivoisent ; une joie simple s’installe, fugitive. Lorsque la mère décède, le tableau se craquelle et le destin se précipite : consumé par des sentiments défendus, le frère cadet fuit sa belle-sœur et se livre à la contrebande entre la Corée du Sud et la Chine ; l’époux, jusqu’alors si bon, se transforme en animal violent ; blessée dans son être, Haehwa s’échappe par une nuit glaciale. Les liens qui s’étaient noués petit à petit entre les personnages se défont. Suspendus au-dessus du vide, les corps finissent par tout lâcher. En plaçant ses protagonistes sur le fil instable de la vie, Cheon Un-yeong nous pose cette question : l’existence est-elle finalement autre chose qu’un numéro d’équilibriste ?

 

Aurélie Julia

 
 
La Fresque d'Eliane Serdan dans Psychologies Magazine (mai 2013) Imprimer
Vendredi, 26 Avril 2013 12:02

 
 

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